|
Dans les premières semaines du mois de novembre 2004, la France avait dû, en catastrophe, évacuer 8000 de ses ressortissants pris au piège des manifestations anti-françaises d’Abidjan en Côte d’Ivoire. Là encore ce fut l’un des massacres indigne de type néo-coloniale, perpétrés par l’armée française, en Côte d’Ivoire du 4 au 9 novembre 2004 qui ont fait 63 morts et 1306 blessés. La force française Licorne avait montré, durant ces jours sombres, le vrai visage d’une armée d’occupation. On se croirait à Gaza. |
|
Pendant six jours les officiels français avaient nié que leur armée, censée être une force de paix, avait tiré sur des populations civiles sans armes. C’est une habitude française de nier les évidences, la France avait nié l’usage du Napalm et de la torture en Algérie pendant plus de 40 ans, jusqu’à ce que le général Paul Ausaresse, de l’armée française, se vante sans retenue - à travers un livre - d’avoir lui-même torturé des nationalistes algériens. Il a fallu qu’une télévision française montre les images de chars français déployés dans les rues d’Abidjan et celle d’un hélicoptère mitraillant la foule pour que le peuple français découvre le mensonge et le cynisme des dirigeants politiques français, Jacques Chirac en tête. Là encore des journalistes couchés à plat ventre ou sur le dos, les jambes écartés devant les multinationales françaises du béton, de l’électricité, des télécommunications, de la distribution de l’eau, du pétrole, de l’armement et de la finance n’avaient plus de voix pour dénoncer l’irresponsabilité de leur propre pays. N’oublions pas que l’affaire Elf nous a appris que toutes ces multinationales, financent les campagnes électorales françaises. Les images des soldats français d’une opération de paix se livrant au pillage des banques et établissements financiers dans la zone assiégée par les rebelles ivoiriens, restent, pour nous tous, celles de la honte d’un pays sans honneur, qui porte le mensonge dans son âme, loin de ses prétentions et autres hurlements de patrie des droits de l’homme. La loi française du 23 février 2005 Pour ceux d’entre vous qui ne le savez pas, le Parlement français, dans la précédente législature a adopté une loi le 23 février 2005 visant à la reconnaissance de l’œuvre positive de la France et de l’ensemble de ses citoyens qui ont vécu outre-mer pendant la période coloniale française. Cette loi, d’inspiration sarkozienne, est d’un mépris typiquement français ; on ne trouvera pas un esprit aussi mesquin en Angleterre ou en Espagne pour proposer une telle loi au Parlement. Mesdames et Messieurs, devant un étalage aussi cynique d’arrogance, même un animal se poserait des questions de savoir : l’œuvre coloniale a été positive pour qui ? Le colonialisme a-t-il été seulement positif ? Le colonialisme français n’est-il pas coupable de crimes contre l’humanité, de génocide, de racisme, de massacres, de négation des autres cultures et de domination des autres peuples ? C’est cela le vrai visage de la France sarkozienne, anti-repentance. On nous dit que cette loi a été abrogée, mais les hommes qui l’ont inspirée siègent encore au Parlement français. Ne sont-ils pas un danger pour l’avenir d’une coopération internationale fondée sur l’amitié, la justice et la solidarité ? Ne sont-ils pas un danger pour la francophonie en tant qu’espace d’échanges et de solidarité linguistique ? Tous ceux qui aiment la France, rêvent de la voir sortir du mensonge, de la violence gratuite, du focardisme, de la barbouzerie et de toutes les méchancetés gratuites qu’elle a infligées aux malheureux peuples d’Afrique, d’Asie et des Caraïbes. On se souvient encore de l’opération Mousquetaire en 1956 contre l’Egypte de Nasser, de la guerre d’Algérie terminée en 1962, du débarquement des mercenaires à Conakry en Guinée le 22 novembre 1970. Du débaquement des mercenaires de Bob Denard à Cotonou au Bénin le 16 janvier 1977, de l’ opération Tacaud en 1978 pour sauver Kolwezi et le régime criminel de Mobutu, de l’opération Barracuda en 1979 pour renverser Bokassa et placer le phallocrate de David Dako à la tête de la Centrafrique, de l’opération Manta, de l’opération Épervier en 1983 pour maintenir le Tchad dans les jupons de la France, Egalément de l’opération Satanique en 1985 contre le Rainwbo Warrior en Nouvelle Zélande, à l’opération Victor en 1988 qui avait abouti au carnage sanglant dans la grotte d’Ouvéa en Nouvelle Calédonie, de l’opération Turquoise en 1994 pour protéger et sauver leurs amis génocidaires Hutu dans un Rwanda plongé dans la folie meurtrière des Tutsi. De l’opération Azalé en 1995 pour ramener le président Mohamed Djohar à la présidence des Comores après un Coup d’État. De l’opération Licorne sous couverture onusienne qui conduira aux massacres des Ivoiriens par les troupes françaises devant l’hôtel Ivoire en novembre 2004. Sans parler de la campagne militaire française dans le pays bamiléké au Cameroun entre 1962 et 1969, sans oublier la tragédie biafraise entre 1967 et 1970. La liste est longue et même trop longue, c’est un immense chapelet de crimes gratuits et de barbouzerie devant l’histoire du pays qui se gargarise à gorge déployée d’être la patrie des droits de l’homme. Il faut que cela change. Finalement, le meilleur service que la France peut rendre à elle-même et à l’Afrique, c’est d’accompagner nos luttes quotidiennes contre la pauvreté, la misère et la maladie. Nos luttes pour la construction d’une Afrique de progrès social et démocratique. Une Afrique de liberté, actrice de sa propre activité de production et de sa propre histoire. Nous voulons, chez nous aussi, une politique extérieure d’indépendance et de dignité nationale. Une coopération loin de l’assujettissement et de la subordination politique et mercantile. C’est parce que nous aimons la France que nous tirons aujourd’hui la sonnette d’alarme car demain, il sera trop tard.| Dr Serge -Nicolas Nzi |